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Témoignage de Temple Grandin, autiste dite « de haut niveau »



« Quand j’étais petite, le bruit était une source permanente de problèmes. C’était comme si la roulette du dentiste avait touché un de mes nerfs. Cela provoquait une réelle souffrance. J’avais une peur bleue des ballons qui éclatent ; le bruit semblait « exploser » dans mon oreille. Les petits bruits qui semblent d’ordinaire facilement évacués me rendaient folle. Quand j’étais à l’université, le sèche cheveux de ma camarade de chambre me semblait faire le même bruit qu’un avion à réaction au décollage.


Les enfants autistes ne supportent vraiment pas les bruits aigus et stridents, comme ceux d’une perceuse électrique, d’un robot de cuisine, d’une scie ou d’un aspirateur. Ils supportent mal le phénomène d’échos dans la salle de sport de l’école ou dans la salle de bain. La nature des sons qui dérangent varie d’une personne à l’autre. Tel enfant autiste adorera l’aspirateur, tel autre en aura peur. Certains sont attirés par le bruit de l’eau qui coule et qui clapote et passent des heures à tirer la chasse d’eau ; d’autres peuvent mouiller leur culotte tant ils sont paniqués par le grondement d’une chasse d’eau qui rugit comme les chutes du Niagara. » La pensée en images, p. 75


« Quand deux personnes parlent en même temps, il m’est difficile de me concentrer sur l’une des voix. Mes oreilles ressemblent à des microphones qui capteraient tous les sons avec la même sensibilité. Chez la plupart des gens l’ouie ressemble à un microphone unidirectionnel qui ne capte que les sons de la personne vers qui il est dirigé. Lorsque je me trouve dans une pièce bruyante, je n’arrive pas à comprendre ce qui se dit, car je ne filtre pas le bruit de fond. Quand j’étais petite les fêtes de famille bruyantes m’affolaient ; je n’arrivais plus à me contrôler et je piquais des crises de colère. Les goûters d’anniversaire étaient une torture pour moi… » (p. 76)

« Enfant j’étais attirée par les couleurs vives et les objets en mouvement qui stimulaient mon système visuel, comme les cerfs volants et les avions en miniature. J’adorais les chemisiers rayés et la peinture fluo, et j’adorais regarder les portes coulissantes des supermarchés. Quand je voyais le bord de la porte traverser mon champ visuel, je sentais un agréable frisson courir le long de mon dos. Les déficiences mineures du traitement des informations visuelles renforçaient mon attirance pour certains stimuli, qui auraient effrayé ou fait fuir un autre enfant atteint d’anomalies plus sévères. (…)
Il se pourrait que les problèmes de contact oculaire rencontrés par les autistes résultent en partie d’une incapacité à supporter le mouvement des yeux d’un interlocuteur. Un autiste a raconté qu’il lui était difficile de regarder les yeux de quelqu’un parce qu’ils n’étaient jamais immobiles. Beaucoup d’autistes ont également du mal à reconnaître un visage ». (p. 83)


Page modifiée le 26/5/2009